DANS LA PEAU D’UN MIGRANT. AUTOUR DU JOURNALISTE ARTHUR FRAYER-LALEIX

DANS LA PEAU D’UN MIGRANT. AUTOUR DU JOURNALISTE ARTHUR FRAYER-LALEIX

Arthur Frayer-Laleix s’est grimé en clandestin, approchant les passeurs, les logeurs, les intermédiaires du trafic d’êtres humains, avant de reprendre sa casquette de journaliste pour interroger policiers, magistrats, avocats, et vivre parmi les migrants. Son enquête l’a mené du Pakistan à la Turquie, des Balkans à l’Allemagne, en passant par les rues de Calais. La face cachée d’un « cinquième monde » vertigineux et désespérant qui nous reste invisible, mais dont les conséquences économiques, sociales et politiques ne peuvent laisser indifférent. De son immersion, Frayer-Laleix a tiré un livre : Dans la peau d’un migrant. 

Invité au Dorothy le 30 septembre 2021, il nous parle dans cet enregistrement de son expérience et répond aux questions du public.

Cette conférence-témoignage s’inscrit dans cycle Journalisme d’infiltration conçu au Dorothy par Lucile Leclair, journaliste. Elle a travaillé à la revue Projet et à La Voix du Nord et a co-écrit avec Gaspard d’Allens Les néo-paysans (Seuil, 2016) et a écrit également, seule cette fois-ci, Pandémies, une production industrielle (Seuil, 2020). Le cycle Journalisme d’infiltration se veut être une porte d’entrée sur le thème plus large des médias et du travail journalistique, pris entre exigence de vérité et difficultés liées à une position potentielle d’extériorité par rapport aux événements. 

Voici le lien vers l’audio de la conférence: https://anchor.fm/le-dorothy/episodes/Dans-la-peau-dun-migrant–Confrence-autour-dArthur-Frayer-Laleix–journaliste-e185cgh

ENQUÊTE SUR LE TRAVAIL DES FACTEURS AVEC LE SOCIOLOGUE NICOLAS JOUNIN

ENQUÊTE SUR LE TRAVAIL DES FACTEURS AVEC LE SOCIOLOGUE NICOLAS JOUNIN

Devant chez soi, on croise parfois le facteur. Pourquoi il semble si empressé ?  Nicolas Jounin (sociologue reconnu auteur notamment d’un passionnant ouvrage Voyage de classes) a travaillé comme facteur. Dans son livre Le caché de la poste, il démonte les rouages de la machine qui prescrit le travail des facteurs. Les apparences de la science, les « normes et cadences » que l’entreprise impose à ses agents, les tactiques des postiers… Qui décide de la manière dont s’organise le travail ? 

Nicolas Jounin a été invité au Dorothy le 23 septembre 2021, dans le cadre du cycle Journalisme d’infiltration. Le cycle Journalisme d’infiltration est conçu par Lucile Leclair, journaliste. Elle a travaillé à la revue Projet et à La Voix du Nord et a co-écrit avec Gaspard d’Allens Les néo-paysans (Seuil, 2016) et a écrit également, seule cette fois-ci, Pandémies, une production industrielle (Seuil, 2020).

Le cycle Journalisme d’infiltration se veut être une porte d’entrée sur le thème plus large des médias et du travail journalistique, pris entre exigence de vérité et difficultés liées à une position potentielle d’extériorité par rapport aux événements. 

Nous n’avons pas d’enregistrement audio de cette conférence mais nous vous proposons cet enregistrement d’une soirée organisée par le syndicat SUD PTT en février 2021 dans laquelle Nicolas Jounin explicite sa réflexion et le contenu de son ouvrage : https://youtu.be/D2YPtxpekc0

Bernard friot au dorothy : salaire a vie, communisme, christianisme

Bernard friot au dorothy : salaire a vie, communisme, christianisme

Le 7 juillet 2021, Le Dorothy a été bondé pour la venue, pour la première fois en ce lieu, de Bernard FRIOT, économiste reconnu, théoricien de la notion de « salaire à vie », animé à la fois par une pensée originale du communisme et par une intense foi catholique.

Dans le cadre d’un partenariat avec la librairie voisine Le Monte-en-l’air, des livres de Bernard Friot ont été mis en vente dans la foulée de la conférence.

Quatre questions principales ont structuré l’intervention de notre hôte :

  • qu’entend-il par la notion de « salaire à vie » ?
  • quelle est sa conception du communisme ? Quels sont les moyens d’y parvenir ?
  • comment articule-t-il sa foi catholique et son projet de société communiste ?
  • quel regard porte-t-il sur les élections présidentielles à venir ?

Bonne écoute à toutes et tous !

Lien audio : https://anchor.fm/le-dorothy/episodes/Bernard-Friot-au-Dorothy–salaire–vie–communisme—christianisme-e148co6

« Les pauvres sont nos maîtres. »

« Les pauvres sont nos maîtres. »

Le 10 juin 2021 a eu lieu la dernière conférence du cycle Grand pauvreté co-organisé par ATD Quart Monde et Le Dorothy.

Apprendre de ceux qui résistent à la misère : le paradoxe Wresinski (fondateur d’ATD Quart Monde).
En ce début du XXIe siècle, nous faisons face à des défis majeurs. La misère est l’un de ces défis qui perdure et continue de détruire la vie de millions de personnes. Or l’humanité se prive de la rencontre avec ceux qui y résistent. Joseph Wresinski (1917-1988), combattant contre cette misère et fondateur du mouvement international ATD Quart Monde, nous confronte à un paradoxe : de ceux qui résistent à la misère, nous avons, avant tout, à apprendre. « Les pauvres sont nos maîtres ! » disait saint Vincent de Paul dans une formule restée célèbre. Mais peut-on apprendre quelque chose, peut-on attendre quelque chose des plus pauvres ? C’est là l’objet du livre Les pauvres sont nos maîtres dont les auteurs sont les intervenants de la conférence. 

Intervenants : Bruno Tardieu, volontaire permanent d’ATD Quart Monde depuis 1981, est directeur du Centre de mémoire et de recherche Joseph Wresinski. 

David Jousset, philosophe, est maître de conférences à l’Université Bretagne-Occidentale (à Brest), chercheur en philosophie sociale. Ensemble ils dirigent le séminaire « Penser ensemble l’être social avec Joseph Wresinski ».

Nous n’avons pas le résumé de cette conférence mais en guise de réflexion sur ce thème très riche, nous vous encourageons à lire ce magnifique article de Daniel FAYARD, volontaire ATD Quart Monde, qui réfléchit à partir de la célèbre formule de saint Vincent de Paul citée en titre de cet article : https://www.revue-quartmonde.org/924

LE CHRIST SELON PIER PAOLO PASOLINI

LE CHRIST SELON PIER PAOLO PASOLINI

Le 27 janvier 2021, le Dorothy recevait René de Ceccatty, traducteur d’une vingtaine d’ouvrages de Pasolini (dont le dernier, La religion de mon temps a paru aux édtions Rivages, 2020) et son biographe (Pasolini « Folio biographies », Gallimard, 2005) ainsi que l’auteur de l’anthologie, Le Christ selon Pasolini (Bayard, 2018) pour une conférence en ligne consacrée à la figure du Christ dans l’œuvre de Pasolini. Au-delà des œuvres emblématiques du cinéaste, en particulier de L’Evangile selon Saint Matthieu dont certaines scènes ont marqué l’imaginaire de générations de spectateurs, René de Ceccatty nous fait découvrir Pasolini sous un jour nouveau. De ses premiers poèmes aux textes politiques de la fin de sa vie, en passant par son œuvre cinématographique aussi fascinante que controversée, notre intervenant nous entraîne à la découverte d’un artiste tourmenté par son rapport à la religion.

Car le Christ ne fait pas irruption par surprise dans son travail. Le questionnement sur un Jésus pauvre parmi les pauvres rejoint les poèmes de la jeunesse de Pasolini, traversés par les figures de ragazzi qu’on retrouve ensuite dans toute son œuvre. 

La critique du pouvoir, de tous les pouvoirs, prend une force particulière dans le contraste entre la réalité de l’Eglise, encore omniprésente dans l’Italie d’après-guerre, et la promesse révolutionnaire du Christ. Celui-ci devient ainsi un porte-parole d’un Pasolini indigné par l’indifférence des puissants de son temps à la misère qui les entoure. Le choix de Enrique Irazoqui, très jeune militant anarchiste espagnol, pour incarner le Christ à l’écrandonne un relief particulier aux paroles de l’évangile selon Saint Matthieu, une virulence qu’on retrouve dans le poème “Au pape”, attaque sans concession contre le pape Pie XII et son indifférence aux plus petits.

En suivant le fil de la figure christique, René de Ceccatty nous offre surtout une magnifique plongée dans l’œuvre de Pasolini. Il nous a fait la joie de lire plusieurs poèmes de Pasolini, qu’il a traduit, et que vous trouverez ci-dessous, ainsi que dans l’enregistrement de la conférence. 

Enregistrement audio de la conférence : https://anchor.fm/le-dorothy/episodes/LE-CHRIST-SELON-PIER-PAOLO-PASOLINI-e18dk15

Deux poèmes de Pasolini sur le Christ et commentés durant la conférence :

1/ Poème sans titre :

Toutes les plaies sont au soleil

et Il meurt sous les yeux

de tous : sa mère même

sous sa poitrine, son ventre, ses genoux, 

regarde Son corps souffrir. 

L’aube et les vêpres Lui font de la lumière 

sur les bras ouverts et l’Avril

attendrit Son exhibition

de Sa mort aux regards qui Le brûlent. 

Pourquoi le Christ fut-il EXPOSÉ en Croix ? 

Oh secousse du cœur au corps

nu du jeune homme… atroce

offense à sa pudeur crue… 

Le soleil et les regards ! La voix 

extrême a demandé pardon à Dieu 

avec un sanglot de honte

rouge dans le ciel privé de son, 

parmi ses pupilles fraîches et ennuyées 

à Lui : mort, sexe et pilori. 

Il faut s’exposer (est-ce cela qu’enseigne 

le pauvre Christ cloué ?),

la clarté du cœur est digne

de tout mépris, de tout péché, 

de la passion la plus nue…

(est-ce cela que veut dire le Crucifié ? 

sacrifier tous les jours le don 

renoncer tous les jours au pardon

se pencher naïvement sur l’abîme.) 

Nous serons offerts en croix,

au pilori, parmi les pupilles

limpides de joie féroce,

découvrant dans l’ironie les gouttes

du sang qui coule de la poitrine aux genoux, 

doux, ridicules, en tremblant 

d’intelligence et de passion dans le jeu 

du cœur brûlé par son feu,

pour témoigner du scandale. 

2/ Poème « À un pape » :

Ce poème a été écrit durant l’automne 1958. Son premier titre était : « Le Due morti (Zucchetto e papa) » « Les Deux morts (Zucchetto e le pape) ». Il a d’abord paru dans la revue Officina en 1958. Il a été repris dans la section « Humilié et Offensé » du recueil La religion de mon temps (1961). Ce recueil contient de nombreuses épigrammes adressées à des adversaires de Pasolini ou à certains amis à qui il reprochait telle ou telle attitude ou position politique. Pie XII était mort le 9 octobre 1958. Zucchetto, le nom de l’ouvrier, signifie « calotte » en italien (la calotte que portent les cardinaux, les évêques ou le pape), ce qui justifie également le rapprochement. Avant sa publication, Valentino Bompiani l’éditeur qui publiait la revue Officina a demandé conseil à un avocat catholique qui lui a dit qu’il ne craignait rien. Mais la hiérarchie du Vatican envoya une mise en garde à Bompiani après publication. Et le « cercle de la chasse » de Rome, à travers la personne de son président, Urbano Barberini, exclut Bompiani de ses membres (c’était un cercle de droite conservatrice et religieuse, comme on s’en doute). Et Bompiani décida d’arrêter la publication de cette revue intellectuelle et universitaire.        

Quelques jours avant que tu ne meures, la mort

Avait jeté son dévolu sur un homme de ta génération.

À vingt ans, tu étais étudiant, lui manœuvre,

Toi noble, riche, lui un pauvre bougre du peuple.

Mais ce sont les mêmes jours qui ont doré sur vous

La vieille Rome qui redevenait si neuve.

J’ai vu ses restes, pauvre Zucchetto,

Il rôdait la nuit près des Marchés,

Et un tram qui venait de San Paolo l’a renversé

Et traîné sur quelques mètres entre les rails et les platanes.

Il est resté là, quelques heures, sous les roues.

Des badauds l’ont entouré pour le regarder 

En silence. Il était tard. Il y avait peu de passants.

Un des hommes qui existent parce que tu existes.

Un vieux policier, débraillé comme un voyou,

Criait à ceux qui venaient trop près : « Ecartez vos fesses ! »

Puis l’ambulance d’un hôpital vint pour l’emporter.

On se dispersa. Il y avait encore quelques lambeaux çà et là.

Et la patronne d’un bar de nuit, plus loin,

Qui le connaissait, dit à un nouveau venu

Que Zucchetto avait fini sous un tram, qu’il était perdu.

Quelques jours plus tard, tu disparaissais. Zucchetto était 

Un membre de ton grand troupeau romain et humain.

Un pauvre ivrogne, sans famille et sans toit.

Qui traînait la nuit. Vivant d’on ne sait quoi.

Tu ne savais rien de lui. Comme tu ne savais rien

De mille autres Christs comme lui.

Je suis peut-être féroce en me demandant pour quelle raison

Des gens comme Zucchetto sont indignes de ton amour.

Il y a des endroits infâmes où les mères et les enfants

Vivent dans une poussière antique, une boue d’un autre temps.

Pas bien loin de l’endroit où tu as vécu,

En vue de la belle coupole de Saint-Pierre,

Il y a un de ces endroits, le Gelsomino…

Une colline creusée d’une carrière à mi-pente, et, au-dessous,

Entre une rigole et un lôtissement d’immeubles récents

Un tas de constructions misérables, pas des maisons, des porcheries.

Il aurait suffi d’un geste de ta part, d’un mot de ta part,

Pour que ces enfants qui sont les tiens aient une maison.

Tu n’as pas fait ce geste, tu n’as pas dit ce mot.

On ne te demandait pas de pardonner à Marx ! Une vague

Immense qui déferle depuis des millénaires de vie

Te séparait de lui, de sa religion :

Mais dans ta religion on ne parle pas de pitié ?

Des milliers d’hommes sous ton pontificat,

Devant tes yeux, ont vécu dans le fumier, dans des porcheries.

Tu le savais, pécher ne signifie pas faire le mal.

C’est ne pas faire le bien que signifie pécher.

Que de bien tu aurais pu faire ! Et tu ne l’as pas fait.

Il n’y a pas eu plus grand pécheur que toi.

L’ETAT, L’ISLAM, LA RACE

L’ETAT, L’ISLAM, LA RACE

Par Mohamad Amer Meziane : L’Etat, l’islam, la race. M.A. Meziane est l’auteur de l’ouvrage Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation. Ed. La Découverte, 2021.

Propos liminaires d’une conférence qui a donné lieu à un débat intense et passionnant !

L’Occident se serait sécularisé, l’islam aurait échoué à le faire. C’est l’histoire de cette ligne de partage géographique que j’ai essayée de retracer dans mon travail. L’islam a toujours dessiné la frontière intérieure de la sécularisation. La République a très tôt mis en place un régime juridique de « police des cultes » visant, notamment, à assurer la compatibilité de la sécularisation et de l’islam. Ce mécanisme, qui vise à faire dialoguer les religions au sein d’un espace public, introduit de manière autoritaire une ligne de partage entre ce qui est religieux et ce qui ne l’est pas, entre les religions compatibles avec la sécularisation et celles qui ne le sont pas. Ainsi, la police des cultes implique un discours de nature comparatiste entre les différentes religions. L’islam est perçu dans ce cadre, dès l’origine, comme une religion de nature à inquiéter l’ordre public. Le “séparatisme” est le dernier visage de ce partage. La sécularisation est précisément le nom de cet ordre. La sécularisation n’est donc pas seulement le processus de déclin de la religion mais le nom de cette ligne de partage entre islam et Europe. 

Le racisme, en particulier l’islamophobie, joue un rôle central dans ce basculement. L’islamophobie est en effet le seul racisme acceptable, il est le racisme qui confère aux autres racismes leur légitimité institutionnelle. Il prend en effet pour objet la religion, et non la race, et c’est pourquoi il parait acceptable. Il est donc incohérent, à mon sens, de lutter contre le racisme si l’on ne lutte pas contre l’islamophobie. Cependant, la réflexion sur la race et sur le racisme ignore la façon dont la “religion” est mobilisée dans l’espace public. Ainsi, lorsqu’il s’agit de lutter contre l’islamophobie, lorsque la « religion » remplace la « race », la gauche de culture laïque se désolidarise au nom de plusieurs principes (féminisme, laïcité, démocratie, etc.). Là est le problème car, en réalité, religion et racialisation sont intimement liées. Il y a une difficulté à tenir un tel discours car il est renvoyé, immanquablement, à un discours politique dissimulé.

De même que la sécularisation n’est pas seulement le processus de déclin de la religion, la laïcité n’est pas que la séparation de l’Église et de l’État. La loi de 1905 occupe une place bien plus marginale que ce que l’on pense dans l’édifice normatif de l’État laïc. En réalité, l’État laïc tient davantage à Napoléon et au Concordat (1801). C’est en effet le régime concordataire qui a introduit une organisation et une surveillance spécifique des cultes par l’État, avec désignation de représentants dans chaque culte pour devenir des interlocuteurs de l’État. Ce dispositif n’a pas été aboli par la loi de 1905. C’est pourquoi le concept de “police des cultes”, qui correspond à l’un des titres de la loi de 1905, est central. L’État se donne ainsi le droit de réguler les cultes ; il se saisit de la religion en tant qu’elle apparaît dans l’espace public. 

Pour moi, le problème n’est donc pas tant celui de la privatisation de la religion que celui des modalités d’existence des religions dans l’espace public. L’État laïc ne cesse de refaire exister publiquement les religions d’une manière spécifique. C’est cette modalité spécifique qu’il s’agit d’analyser. Cette analyse est d’autant plus pertinente qu’on assiste actuellement à une mise en évidence du rapport entre cette police des cultes et la police « tout court ». L’absence de vigilance critique à l’égard de la police des cultes, et notamment à l’égard de l’islamophobie, contribue au renforcement du dispositif de contrôle à l’égard de l’ensemble de la population (cf. « État d’urgence sanitaire » lié au Covid, loi sécurité globale, etc.). 

Plusieurs remarques à cet égard : l’histoire du durcissement de la répression policière commence bien avant 2020, il se manifeste dans les suites du 11 septembre 2001. L’islamophobie joue ainsi un rôle particulier dans le développement d’une politique sécuritaire. Dans le cadre du retour de l’État -nation, qui se défie particulièrement de la dimension transnationale de l’islam, l’islamophobie fonctionne également, à mon sens, comme un opérateur de provincialisation de la France et de l’Europe.