Catholique ou féministe : faut-il choisir ?

Catholique ou féministe : faut-il choisir ?

19 décembre 2019
Conférence avec Marie Leduc Larivé, éditrice et étudiante en théologie, Valentine Rinner, étudiante en théologie et Anne Waeles, agrégée de philosophie.

On ne peut que constater l’écartèlement actuel entre réalités ecclésiale et sociétale sur le plan de l’existence sexuée, mais aussi les mobilisations présentes autour de la question : mise en lumière des violences sexuelles et sexistes, réflexion autour de la place des femmes dans l’Eglise et les ministères… Une conférence où se posent les questions suivantes : qu’est ce que le féminisme a à apporter au christianisme ? Et qu’est ce que le christianisme a à apporter au féminisme ?

Prostitution : un regard abolitionniste

Prostitution : un regard abolitionniste

28 novembre 2019
Cycle Féminismes et libéralisme (2/3)

Conférence autour de Lorraine Questiaux, déléguée bénévole pour le plaidoyer au Mouvement du Nid, membre du Parti Communiste, féministe universaliste – lutte des classes, avocate (spécialisation sur les violences faites aux femmes)

La prostitution est à l’intersection de toutes les formes de domination : de classe, économique, de genre, de race. C’est par mon engagement anticapitaliste que je me suis intéressée à la question de la prostitution.

Nommer la réalité

Il y a un enjeu de nommer les choses. En droit, pas de définition de la prostitution.

Dans les situations où sont étalées des situations de violence sexuelle « innommables », le seul terme qu’on utilise c’est le terme « prostitution ». Comme si le terme prostitution banalisait l’horreur de ce qu’on voit (on est en face de crimes contre l’humanité et on reste avec ce terme « prostitution »).

Il faut déconstruire le concept de prostitution, par une approche matérialiste, anticapitaliste : partir de l’empirique pour décrire le réel.

Le terme de prostitution a une fonction sociale : nommer par un terme spécifique des violences qui sont de l’ordre du viol. La personne qui se prostitue peut consentir à renoncer à son désir, mais elle ne désire pas la relation, sinon il n’y aurait pas de relation tarifée. Quand il y a de l’argent, il n’y a pas de symétrie. L’argent ôte la symétrie 

La définition du viol, c’est une pénétration sexuelle obtenue sous contrainte, violence, menace ou surprise. La prostitution entre dans la définition du viol. Ce sont des violences sexuelles aggravées, à l’encontre de personnes qui viennent de catégories sociales défavorisées, il y a aussi une violence de classe et de race. Pour les personnes les plus pauvres ce n’est pas un crime, c’est qualifié de prostitution. Pour les autres, c’est qualifié de viol.

La prostitution est l’aboutissement du projet capitaliste

Le système patriarcal est à double face, d’un côté les « saintes », pour les femmes pures, blanches (qui sont victimes de viol), et de l’autre les « putes », elles sont responsables de leur condition et le veulent (situation normale, prostitution).

Les femmes victimes de prostitution intègrent leur domination, et par le mot de « prostitution » l’empathie va être rompue. On invoque le fait qu’elles ont le choix. Mais pour la sexualité comme dans le langage, lorsqu’il y a asymétrie, il y a violence.

Il faut faire disparaître ce concept de « prostitution ». Les femmes disent consentir « parce qu’elles n’ont pas le choix. » C’est une intégration de la domination, qui est présente même dans les réseaux de traite, où les femmes disent travailler. Cela est dû à un phénomène de dissociation, qui est lui-même une forme de réaction, de protection, face à la violence subie.

Par l’introduction d’argent, la personne est réifiée. « Pour de l’argent, je peux faire ce que je veux de ton corps ». C’est très destructeur sur le plan psychologique. Les violences sexuelles à répétition non-désirées, et le fait de perdre sa liberté dans la soumission cause des psychotraumas, qui sont à la base de maladies, et de la réduction de l’espérance de vie (notamment du fait du taux de suicide).

On est face à une exploitation intégrale de la force de l’être humain, c’est l’aboutissement du projet capitaliste.

La liberté est de pouvoir exercer son désir, pour être maître et agissant. Renoncer à son bien-être ce n’est pas la liberté.

« La prostitution rapporte plus d’argent que la drogue », le projet abouti du capitalisme serait de nous prostituer tous.

On invisibilise le réel, par la réglementation comme « travail du sexe ». On décriminalise la prostitution et on fait entrer dans le code du travail le viol, la violence sexuelle. On fait sortir quelque chose du droit pénal pour le faire entrer dans le droit du travail. On sacralise l’idée que le travail peut être du viol. Les luttes pour les droits sociaux et la protection des plus faibles dans le travail est retournée par cette demande de légalisation du « travail du sexe ».

Le mot de « prostitution » permet de banaliser, de rendre acceptable, glamour même un fait largement antisocial.

Le concept de prostitution est créé pour rendre invisible quelque chose qui normalement ne le serait pas. Quand on gratte,on réalise la réalité. Par exemple, les femmes nigérianes que je rencontre, disent au départ « I went to work », puis quand on creuse c’est un autre discours.

La domination masculine

On est en train de renoncer aux droits fondamentaux comme droits universels. Si on n’est pas capable de défendre ces droits universellement, on y renonce. Créer un droit dérogatoire est dangereux. Il n’y a pas de droit dérogatoire. Ce qui est bon pour tout le monde est bon pour une minorité. On entre en société pour que chacun d’entre nous puisse avoir des droits respectés. Si on ne nomme pas les situations, les crimes, par leur nom, « on collabore ».

Quand le client vient, il vient parce qu’on lui a donné un privilège, il est homme, il est riche, il vient abuser de ce privilège. Dans la prostitution comme dans tout viol, l’homme vient consommer une relation d’asymétrie. Il ne vient en aucun cas faire du bien à la personne et la respecter. Il vient imposer son désir parce qu’il en a les moyens.

Il faut éviter les clivages entre d’un côté une prostitution issue de la traite, de la mafia, et où la contrainte est évidente, et de l’autre une prostitution libre de personnes ayant la nationalité française et en totale capacité de prendre ses décisions. Ce sont les même schémas de domination et de contrainte. Même s’il existe un mécanisme compréhensible de refus d’être victimisée. Les mêmes mécanismes sont présents dans les violences faites aux femmes (on se dispute, il m’a cogné un peu fort…). Il y a un refus du statut de victime parce qu’il est mortifère 

Le roman de la prostitution choisie, autonome, voire émancipatrice se casse souvent un peu la gueule quand on entre dans la relation avec la personne.

La question du libre-arbitre, du choix, est centrale. Comment se fait l’ancrage dans des situations de violence ou d’exploitation ? « On ne nait pas dominé, on le devient. » Il y a un conditionnement à devenir un objet sexuel dès le berceau, la femme est éduquée avec l’idée qu’elle n’a de valeur que si elle fait plaisir à l’autre.

C’est un corollaire du système d’exploitation : on a accolé au terme de « victime » des termes négatifs, des notions de responsabilité de sa propre condition. Personne ne veut être victime alors que se reconnaître victime c’est reconnaître qu’on est victime de quelqu’un et retrouver sa liberté. C’est prendre conscience qu’on vit dans une société de domination.

Être une victime devient presque pire que d’être un agresseur dans l’imaginaire collectif.

L’illusion qui est proposée : en affirmant la possibilité de consentir à une domination, on ferait disparaître la domination. C’est l’idée que dès lors que l’on consent à une domination, elle disparaît. Mais pour qu’un système de domination puisse fonctionner, il ne doit pas fonctionner sur la violence, mais il faut que les victimes puissent consentir à leur propre exploitation. Voire qu’ils appellent leur domination liberté. Dans les deux cas il y a domination, c’est simplement que l’on passe du rapport de forces au consentement.

Quid de la pornographie ?

80% des images montrent des hommes qui violentent des femmes, sont des pénétrations forcées. La pornographie est accessible dès l’âge de 8 ans. Ce sont toujours les mêmes scènes, et de plus en plus violentes, pour titiller des zones traumatiques. La pornographie présente un sexualité stéréotypée. Elle est un outil qui a des effets destructeurs, qui a des incidences graves sur le rapport à l’autre (cf rapports de l’OMS, cause des psychotraumas). Le capitalisme extorque aux hommes et aux femmes le droit d’aimer, le droit d’avoir de l’empathie : il faut commencer par arrêter de l’appeler « pornographie ».

Les lois de pénalisation des clients ne sont-elles pas contre-productives ?

Dans plusieurs pays où existent de telles lois, des changements sont perceptibles dans les violences faites aux femmes. C’est une étape, qui doit aller avec des programmes d’éducation et de sensibilisation, et s’inscrire dans une volonté politique générale de supprimer le système prostituteur. En Suède, il y a des changements depuis depuis la loi de pénalisation (accompagnée de programmes d’éducation et de sensibilisation). En Nouvelle-Zélande aussi la traite a énormément baissé.

En Allemagne, il y a une distinction entre personne victime de traite et personne libre. C’est une catastrophe. Si la personne ne vient pas dire qu’elle est une victime de traite elle est considérées co libre. Les personnes qui sont victimes de traite ne peuvent pas parler librement, c’est quasiment impossible de mettre à jour des situations d’exploitation de part cette distinction.

L’insurrection en Algérie a-t-elle un avenir politique ?

L’insurrection en Algérie a-t-elle un avenir politique ?

29 novembre 2019
Conférence avec Brahim Oumansour, chercheur associé à l’
IRIS.


Les causes de l’insurrection algérienne sont plurielles et de natures variées.

On peut déjà identifier des causes conjoncturelles :

  1. Le retour en force du peuple et de la pression populaire. On sort d’une politique surplombante qui voit le peuple comme un simple troupeau de votants. Le déclic de la révolte du peuple a été la décision de Bouteflika de se représenter, cela a été vécu comme une humiliation intolérable ; la chute du prix du pétrole dans le contexte d’un pays rentier. Cela a érodé le pouvoir d’achat d’une classe moyenne constituée en Algérie aux débuts des années 2000
  2. La chute du prix du pétrole dans le contexte d’un pays rentier. Cela a érodé le pouvoir d’achat d’une classe moyenne constituée en Algérie aux débuts des années 2000.

On peut aussi percevoir des causes plus structurelles :

  • (1) la persistance du chômage et le mécontement d’une jeunesse qui se sent mise en marge de l’action politique ;
  • (2) le traumatisme politique de la guerre civile des années 90, l’apathie politique qui a suivi et qui a été mise au service des castes dirigeantes devenues alors incontestables garantes de l’ordre ;
  • (3) une maturité politique de la population qui a intégré le traumatisme de la guerre civile et qui rejette la violence comme arme contre l’Etat, ce qui le déstabilise et le fait vaciller ;
  • (4) les nouveaux moyens d’engagement permis par les réseaux sociaux. Jusqu’en 2014, le réseau internet est limité et il y a peu d’usage des réseaux sociaux. Cela change et va permettre : de s’informer et de comparer la situation en Algérie avec celle dans d’autres pays (ex : le coût et le luxe des déplacements des représentants de l’Etat) ; de relier les informations et de mettre au jour des scandales (ex : scandales de corruption notamment avec des révélations publiques) ; de s’organiser politiquement (ex : maintenir une manifestation en dépit de son interdiction préfectorale) ; d’échanger entre Algériens et avec la diaspora hors d’Algérie. Il y a eu une cyber-mobilisation qui a précédé la mobilisation dans la rue. En janvier 2019, on a un élément déclencheur : la noyade d’un jeune que les secours n’ont pas réussi à sauver. Cela a abouti au limogeage d’un préfet (première fois qu’il y a limogeage d’un responsable institutionnel à la demande de la population). A la suite de ce fait-divers, on filme et on diffuse des situations vécues à l’hôpital, dans les services publics… On fait le constat d’une incurie de ceux-ci.

Quelle suite pour le mouvement ?

Plusieurs possibilités : (1) essoufflement du mouvement et réforme politique à la marge ; (2) traduction institutionnelle du mouvement et prise de pouvoir ; (3) suite de la protestation, mouvement de nature plus social que politique ; (4) raidissement du pouvoir et risque d’explosion de violence.

Prostitution : un regard abolitionniste

Quel regard féministe sur la GPA ?

Cycle Féminismes et Libéralisme (1/3)

Le 21 novembre 2019, le Dorothy a donné la parole à deux groupements d’associations engagés dans la lutte contre la gestation pour autrui (GPA), la Coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution (CIAMS) et CQFD Lesbiennes Féministes. Cette dernière gère également un fonds de solidarité destiné à la prise en charge des frais de justice engagés dans des procédures judiciaires relatives à des cas de violences homophobes.

La GPA n’est pas d’enjeu national

Si elle doit être discutée et combattue en France, la GPA est une problématique transfrontalière. Les parents d’intention non satisfaits sur le territoire national sont susceptibles de se déplacer bien au-delà des frontières, notamment en Inde, aux Etats Unis, en Ukraine. Pour le comprendre, il faut faire un détour par l’ailleurs et comprendre que
chaque pays s’inscrit dans une de ces trois configurations possibles, l’interdiction de la GPA, son autorisation sans condition, son autorisation réglementée.

En Europe, la plupart des pays l’ont interdit depuis les années 1990, seuls quelques-uns l’ont dépénalisée et réglementée, notamment le Royaume-Uni, la Grèce ou la Belgique. A l’opposé les pays de l’ancienne URSS ont tous basculé dans un régime d’autorisation large de la gestation pour autrui à des fins commerciales. Aux Etats Unis, si la pratique est légalisée, le régime d’autorisation diffère selon les Etats et seule une minorité impose un régime strict et réglementé (Etat de NYC).

Le continent asiatique et plus particulièrement l’Inde est historiquement le berceau de la pratique de la GPA commerciale. Des scandales ont récemment entraîné un phénomène de restriction et de limitation de la pratique à un cercle familial. Le « marché » s’est alors tourné vers la Thaïlande (avant de fermer ses portes aux étrangers), le Népal, le Cambodge. Au Népal, la pratique n’est toutefois autorisée que pour des mères dites « transfrontalières » c’est-à-dire non népalaises et généralement indiennes…Sur le continent asiatique, la tendance est donc aujourd’hui à un durcissement de la réglementation. En Afrique, le Kenya a adopté une législation souple et développe un discours très commercial, il est possible aux parents d’intention de choisir le sexe, le nombre d’embryon, etc.  

Au bilan, un tourisme procréatif existe et monopolise les moyens médicaux des pays les plus pauvres.

La GPA au crible des principes féministes

En France, toute convention ayant pour objet un projet de gestation pour autrui est juridiquement nulle au regard du principe de non-patrimonialisation du corps humain. Dit autrement, ce dernier ne peut être considéré comme une marchandise.

Face à cela, une pression organisée pour l’acceptation sociale d’une GPA dit « altruiste » émerge. Au regard des intervenantes toutefois, rien ne peut venir légitimer cette pratique qui contrevient au droit fondamental de respect du corps humain et oriente le point de vue sur les seuls parents d’intention en négligeant la mère porteuse elle-même.

Il existe par ailleurs une dissymétrie sociale et culturelle très forte entre les demandeurs et les mères porteuses, une rupture d’égalité qui dispose ces dernières dans une situation de faiblesse économique et altère le caractère librement consenti de l’engagement. Cette négation ou perte de liberté va plus loin et dans le cadre contractuel imposé, les femmes renoncent à d’autres libertés concrètes, le choix de leur alimentation, d’avoir des relations sexuelles, de fumer ou de subir une intervention chirurgicale invasive. Il existe peu de limitations au contenu de ces contrats.

Des enquêtes sur les motivations des femmes à consentir à devenir mère porteuse ont révélé que le premier motif était d’ordre financier et plus précisément de financer l’éducation des enfants, l’acquisition d’un logement ou l’ouverture d’un commerce pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles.

Le bénéfice n’est donc jamais attendu pour les femmes elles-mêmes mais, elles se « sacrifient » pour d’autres, pour leur famille alors même qu’il leur est souvent imposer de s’en éloigner et de se cacher le temps de la grossesse.

Une violence médicale

La gestation pour autrui fait subir à la mère porteuse des traitements (hormonaux) et gestes invasifs (implantation d’un embryon étranger) significatifs et non sans risque pour sa santé. Parce qu’il est étranger à la mère porteuse, le corps va réagir à cet embryon comme on réagit dans un cas de transplantation, c’est-à-dire par desmanifestations de rejet comme une élévation de la tension[1].

Puisque l’on sait que le « taux d’échec » est important, le recours à plusieurs mères porteuses dont une seule sera rémunérée est parfois proposé dans certains pays.

Les questions que posent la GPA

Si dans les 70s, le mouvement féministe a tenté de lever la contrainte liée à l’obligation de s’assurer une descendance par la reproduction, la question de la GPA est révélatrice d’une nouvelle poussée de cette dernière. « Stérile ou non, voulant des enfants ou non, vous aurez des enfants », ce discours marque un retour de la pression familiale et sociétale à la reproduction. Par ailleurs, la voie de l’adoption comme solution pour les couples en désir d’enfant est aujourd’hui « démodée » et rétrogradée par la gestation pour autrui au nom de la possibilité d’établir un lien, une filiation génétique.

La suprématie du droit individuel sur le droit collectif, la mise en avant du consentement pour masquer les dominations en présence et le recours abusif à la notion de progrès sont autant d’arguments au secours de l’acceptation de la gestation pour autrui. La méconnaissance de la réalité du processus médical – opération pour le prélèvement d’ovocyte, fécondation in vitro et implantation, gestation à risque élevé et accouchement – participe par ailleurs d’une relative tolérance ou indifférence face au sujet.

La GPA est enfin un révélateur du rapport de force entre le Nord et le Sud, entre ceux qui peuvent acheter et celles qui se vendent. L’enfant n’est plus que le produit vendu sur un marché déséquilibré, biaisé à son entrée où les co-contractants ne négocient pas à armes égales.

Au bilan, on ne commercialise pas seulement un enfant mais aussi une filiation, il y a derrière cette transaction un double produit et un double mensonge.


[1] Environ 20-25% des femmes d’après une étude faite au Pays Bas sur des GPA réglementées.

L’Eglise est-elle une structure de péché ?

L’Eglise est-elle une structure de péché ?

14 novembre 2019
Cycle Institutions et aliénation (4/4)
Conférence avec Sylvain Brison, prêtre du diocèse de Nice et enseignant au Theologicum de l’Institut catholique de Paris

Dans sa doctrine sociale, le Pape Jean-Paul II définit les « structures de péché » comme le résultat d’une accumulation des péchés personnels qui conditionnent la conduite des hommes en devenant la source d’autres péchés. Plus que d’être la simple conséquence de mauvaises actions individuelles, les structures de péchés amplifient le mal en conditionnant l’homme et en le privant de sa liberté.

Comme toutes les institutions humaines, l’Église partage son lot d’imperfection, de fragilité et de tâtonnement. Au regard des récentes crises qui la traverse, on peut se demander dans quelle mesure l’Église ne produit pas ou n’entretient pas certains comportements qui aliènent ses membres en les entretenant dans une posture mauvaise. En fin de compte, les règles imposées par l’Église ne produiraient-elles pas les maux dont elle est accusée aujourd’hui ? Mais l’Église n’est pas entièrement réductible à une institution mondaine ; elle est aussi, dans la foi, de constitution divine et héritière des promesses du Christ. Elle doit donc, en ce sens, recevoir de Dieu et posséder en elle des ressources pour récuser le mal et s’orienter vers le bien. En partant des circonstances des crises actuelles et des ressources apportées par la théologie contemporaine nous envisagerons ensemble comment caractériser l’Église et discerner les ressources disponibles pour vivre l’Évangile aujourd’hui.