L’histoire de France : entre mémoire, pouvoir et identités

L’histoire de France : entre mémoire, pouvoir et identités

Historien médiéviste et spécialiste de l’histoire politique et religieuse de la France, Julien Théry vient de faire paraître En finir avec les idées fausses sur l’histoire de France (Éditions de l’Atelier, 2026), un petit livre passionnant qui déconstruit certains clichés de l’histoire de notre pays et interroge l’importance des récits historiques dans la vie politique et la construction des identités collectives.

Avec l’auteur, nous appréhenderons certains sujets et événements majeurs de l’histoire médiévale et moderne de France et tenterons de comprendre ce qui fait d’elle un objet politique vivant et toujours brûlant.

Présentation du livre : Service public ou barbarie

Présentation du livre : Service public ou barbarie

Quelle est cette nouvelle barbarie qui se déchaîne dans le monde ? Partout, les gouvernements autoritaires taillent dans le service public et sapent la démocratie. En France, leur affaiblissement nourrit la défiance et fracture la société. Prisonnière du mythe de l'”âge d’or”, l’idée de service public semble épuisée. On aurait tout dit, tout essayé. Et si c’était l’inverse ? Et si le service public constituait une réponse majeure aux crises écologique, démocratique et sociale de notre siècle ?

Depuis l’intérieur de l’État, Arnaud Bontemps, haut fonctionnaire et fondateur du collectif Nos Services Publics, analyse la dérive austéritaire et bureaucratique en cours. Il montre que le service public incarne un véritable projet de société : prendre collectivement en main nos besoins essentiels, pour les soustraire à la logique du marché et en garantir l’accès à chacune et à chacun.

Croisant luttes collectives, sciences sociales et expérience des institutions, ce livre-manifeste appelle à un triple renversement : sortir de l’obéissance, répondre aux besoins, rendre le pouvoir aux citoyens.

Cette soirée de lancement du livre au Dorothy permettra d’échanger avec l’auteur et de penser ensemble de telles questions, cruciales pour l’avenir de notre société.

Cycle : Punir, à quoi bon ?

Cycle : Punir, à quoi bon ?

Que faire des agresseurs ?

À l’heure où la plupart des agresseurs passent encore à travers les mailles du filet du système pénal, et que par conséquent les condamnations de certains d’entre eux peuvent être légitimement décrites comme des avancées féministes majeures, la pensée d’une justice non-punitive ne court-elle pas le risque d’être inaudible parce que trop prophétique ?

Pour la première conférence du cycle « Punir, à quoi bon ? » nous avons l’honneur de recevoir Elsa Deck Marsault, penseuse abolitionniste, autrice de « Faire justice » (2023) et de « La violence en spectacle » (2026).

Elsa Deck Marsault a cofondé le collectif Fracas, collectif queer et féministe d’entraide militante à la prise en charge des conflits et des violences en milieu intercommunautaire.
C’est sur ce terrain que l’autrice tente depuis quelques années d’imaginer, en s’inspirant de la pensée abolitionniste née dans les années 1970 aux États-Unis, une justice alternative au système pénal. Là où tribunaux, police et prisons semblent incapables d’interrompre le phénomène de la violence, cette justice alternative se veut véritablement « transformatrice ». Au cœur de cette justice se trouve l’idée, vertigineuse, que la punition ne peut que perpétuer les dégâts qu’elle ambitionne de réparer.

Dans son premier livre, Faire justice (2023) Elsa Deck Marsault montrait en quoi certains milieux militants progressistes reproduisaient, par une surenchère punitive, les mécanismes qu’ils prétendent combattre en be passant pas par la justice institutionnelle. Son nouveau livre, « la violence en spectacle » retrace la domination progressive d’un féminisme pro-carcéral sur un féminisme plus radical, qui ne déléguerait pas à un État répressif la question de la réparation. Ce livre appelle à la réappropriation collective du conflit en congédiant la posture victimaire.

Présentation du livre : Jean de Miribel, l’aventurier de l’empire céleste

Présentation du livre : Jean de Miribel, l’aventurier de l’empire céleste

Présentation de l’ouvrage en présence de l’autrice, Emmanuelle Delagrange, historienne et professeure en classe prépa.

Enjambant les soubresauts du xxe siècle, Jean de Miribel (1919-2015) a vécu mille vies en une. Prêtre-ouvrier dans la France de l’après-guerre, il écoute l’appel de l’ailleurs et, à 50 ans, s’envole pour l’Asie.

C’est en Chine, sous l’ombre portée de Mao, qu’il s’épanouit pleinement. Il apprend le chinois, devient professeur de français à Xi’an, et tisse des liens si profonds qu’il se fond dans le paysage. Il devient un Chinois parmi les Chinois, un intellectuel respecté qui dialogue avec les plus grands sinologues de son temps. Sa vie est un pont, un lien fragile et puissant entre l’Orient et l’Occident.

Mais au-delà de son parcours exceptionnel, Jean de Miribel a consacré sa vie à un idéal : trouver en chacun les graines de bonté, qui étaient pour lui la marque de l’Esprit Saint. Sans chercher à convertir, il a transformé les coeurs.

Dialogue ou repli : 60 ans après Nostra aetate, les catholiques face à l’islam

Dialogue ou repli : 60 ans après Nostra aetate, les catholiques face à l’islam

Octobre 1965 : alors que le pape Paul VI et les pères conciliaires s’apprêtaient à clore le Concile Vatican II, un nouveau document est approuvé in extremis. Il s’agit de “Nostra aetate”, la déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes. Texte de rupture, fondateur du dialogue interreligieux dans l’Église catholique, Nostra aetate consacre un développement important à la religion musulmane et aux musulmans, invitant les chrétiens “à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté”.

60 ans après, qu’en est-il de cet élan qui bouleversa la vision du monde de l’Église ? Nous en parlerons avec Jean-Jacques Pérennès, dominicain, ancien directeur de l’École Biblique de Jérusalem et biographe de plusieurs dominicains ayant sillonné le monde arabo-musulman au XXe siècle. À travers son expérience de terrain (Algérie, Égypte, Israël-Palestine, France) et ses recherches sur le dialogue islamo-chrétien, nous essaierons de comprendre comment cet héritage du Concile Vatican II a été vécu et interpréter au fil du temps, dans quelle mesure il survit aujourd’hui et quelles sont les perspectives pour l’avenir.