Cycle de conférences : les guerres oubliées

jeudi 5 février 2026 | Cycle de conférences

1. Soudan : de la révolution à la guerre civile

Jeudi 5 février 2026 à 20h

A la fin du mois d’octobre 2025, la ville d’El Fasher tombe aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) menées par le général Hemetti, après plusieurs mois de siège. Les Forces armées soudanaises du général Al-Burhan perdent leur dernier bastion au Darfour. Les massacres qui s’ensuivent se soldent par un bilan effroyable : 60 000 morts, en quelques jours à peine.

El Fasher, Hemetti, Al-Burhan, autant de noms qui, il faut le dire, n’ont jamais réellement eu de prise dans nos fils d’actualité. Cette guerre existe, mais pour beaucoup d’entre nous, elle n’a pas de visage. En 2019, le peuple soudanais faisait pourtant parler de lui : le renversement d’Omar El-Béchir avait initié un impressionnant processus révolutionnaire, et la transition vers un pouvoir civil ouvrait un nouvel horizon. Comment en est-on arrivé là ?

Clément Deshayes et Maad Tageldin, tous deux fins connaisseurs du Soudan, nous aideront à y voir plus clair!

2.  RDC – Rwanda : retour sur 30 ans de guerre civile

Ayant éclaté dans le sillage du génocide rwandais (1994), les première et deuxième guerre du Congo (1996-1997 et 1998-2002) ont durablement déstabilisé l’est de la RDC, où l’horizon de la paix semble plus inaccessible que jamais. Dans la région des Grands Lacs – frontalière de l’Ouganda et du Rwanda – les violations des droits humains (massacres, viols, actes de torture) et le ciblage des populations civiles ont systématiquement accompagné l’essor des groupes armées. Le bilan humain, difficile à établir avec précision, pourrait avoir dépassé les 10 millions de morts en 30 ans. En d’autres termes, le conflit au Congo est le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale.

Ces dernières années, la rivalité entre la RDC et le Rwanda a redoublé en intensité – attisant de part et d’autre un nationalisme belliqueux. La ruée globale vers les matières premières stratégiques – les fameuses terres rares : cobalt, coltan – forme bien entendu ici un arrière-plan. Les tensions entre les communautés congolaises et rwandaises sont palpables, jusqu’en France. Comment interpréter cette nouvelle donne?

Clémence Auzary et Valéry Ntwali, tous deux doctorant-e-s et animateurs-ices d’un podcast de référence, viennent nous aider à y réfléchir !

3. Sahel : les djihadistes aux portes du pouvoir  

15 janvier 2013 : alors que les forces djihadistes avancent en direction de Bamako, François Hollande décide de faire intervenir l’armée française pour sécuriser la capitale du Mali et permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale. Lancée en janvier 2013, l’opération Serval s’achève en juillet 2014 lorsque les forces engagées dans le pays intègrent un dispositif régional (incluant la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad) : l’opération Barkhane, censée renforcer les armées locales, afin de leur passer la main une fois la situation sous-contrôle.

En mai 2022, la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali intime à l’ambassadeur de France de mettre un terme à la présence de ses troupes sur le sol malien. Bientôt, le Burkina Faso et le Niger lui emboîtent le pas – le président de la République Emmanuel Macron annonce la fin de l’opération en novembre. La Côte d’Ivoire, le Tchad, le Sénégal réclament à leur tour le départ de la France. Comment interpréter un tel renversement de situation ? Quel bilan dresser de la coopération militaire française dans la région ? Et surtout, quelles sont les conséquences pour les populations civiles ?

Pour en parler, nous accueillerons Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement, Mohamed el Ansari, activiste engagé dans le processus de paix au Mali et Hadja Soumaré, habitante du quartier de Ménilmontant.