L’événement
Jeudi 5 novembre 2026 à 20h au Dorothy
Dans les années 1970, Laura Mulvey, critique de cinéma britannique, lance le « male gaze » : comment, dans le cinéma, les femmes existent avant tout depuis un « regard masculin » très objectifiant. Ce faisant, c’est au patriarcat qu’elle s’en prenait, en démêlant les fils invisibles reliant le système de représentation artistique, l’inconscient psychologique et l’ordre social dominant.
Que se passe-t-il lorsqu’on applique le même raisonnement aux classes sociales ? C’est à partir de cette question que Rob Grams, co-rédacteur en chef de Frustration magazine, lance le « bourgeois gaze » : comment, dans le cinéma, le monde est perçu avant tout à travers les lunettes déformantes de la bourgeoisie. Ce faisant, c’est à la domination de classe qu’il s’attaque, en dévoilant la manière dont le septième art est un instrument de pouvoir et de domination culturelle au service d’une classe sociale, la bourgeoisie, et au détriment « des autres » qui n’ont pas accès aux moyens de production culturelle. Telle est donc la question autour du « bourgeois gaze » : d’où parle la classe qui s’exprime à travers les moyens du cinéma et comment elle oriente notre vision du monde.
Qu’est-ce qui se passe lorsqu’une classe sociale – la bourgeoisie -, qui domine les moyens de représentation culturelle, représente les autres classes sociales ? Quelles conséquences aux lunettes bourgeoises sur les classes populaires, les ruraux ou les banlieues ? Comment le bourgeois gaze influence-t-il la manière de mettre en scène des réalités sociales telles que le travail, la pauvreté, la souffrance, la guerre ? Y a-t-il des films, hier ou aujourd’hui, qui échappent au bourgeois gaze ? Y a-t-il des voies pour contrecarrer la domination de classe au cinéma ?
Avec Rob Grams, co-rédacteur en chef de Frustration magazine et auteur de Bourgeois gaze : la domination de classe au cinéma (Les liens qui libèrent, 2026)
