Éléments d’autodéfense théologico-politique

jeudi 15 octobre 2026 | Conférence, Cycle de conférences

Alors que les sirènes du nationalisme chrétien se font de plus en plus assourdissantes, en Amérique comme en Europe, il est urgent de ne pas abandonner le champ de bataille théologico-politique. Celui que nous voulons suivre, ce Jésus, c’est celui qui, sans enlever un iota de la Loi, en a révélé toute la puissance d’amour lors du Sermon sur la Montagne. Le temps de trois conférences, ce sont les implications explosives de cette « suite de Jésus » que nous voulons explorer. Les trois vertus de foi, d’espérance, de charité relevées par Paul (1 Co 13, 13) seront notre fil directeur. Venez nombreux-ses aux 3 dates!

Foi, contre les idoles

La foi. C’est bien par elle qu’il faut commencer : minuscule, ténue, imperceptible. Telle une graine de moutarde qui s’immisce dans les fissures de nos cœurs de pierre, elle s’élance, elle s’ouvre, et déborde toutes nos duretés. Elle est en nous ce mouvement de confiance qui, nous dit le Christ, peut aller jusqu’à déplacer les montagnes, et leur ordonner de se jeter dans la mer : un mouvement de confiance qui est donc aussi une puissance de renversement – et qui percute toutes les certitudes les plus établies ! C’est ce caractère éminemment subversif de la foi chrétienne que nous tenterons d’explorer.

Espérance, contre le nihilisme

L’espérance. C’est celle qui, disait Péguy, va au-devant des deux autres, ses deux grandes soeurs. « Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. » C’est celle, cette « petite fille de rien du tout » qui ne voit rien et qui pourtant semble entrevoir, au-delà de la nuit, même quand celle-ci se fait plus épaisse, et plus noire. C’est l’espérance reçue du Christ, qui fait qu’après lui, peut-être, il est possible de continuer à regarder le monde; de regarder _jusqu’au bout_, l’étendue de son désastre. Alors que les équilibres planétaires atteignent des points de rupture, que les inégalités socio-économiques explosent et que des formes de pouvoir autoritaire s’affirment, l’espérance chrétienne est mise au défi.

Pour en clarifier les contours, et en redécouvrir la nouveauté, nous accueillerons Maxime Gaborit et Camille Rougier.