Cycle de conférences : Peut-on aller bien dans un monde malade ?

mardi 3 février 2026 | Cycle de conférences

1. Si c’est contraint, c’est pas du soin ?

Jeudi 22 janvier 2026 à 20h

Pourquoi de la contrainte en psychiatrie ? Les soins sous contrainte sont-ils un mal nécessaire, au nom du bien-être des patients psychiatrisés et de leur protection ?

On observe une augmentation des pratiques de contrainte en psychiatrie ces dernières années (hospitalisation sous contrainte, contention, etc.), qui découlent d’un manque de moyens mais aussi d’une perte de cultures de soin collectives, comme celle développée par la psychothérapie institutionnelle.

Avec Mathieu Bellahsen, ex-chef de pôle à l’établissement public de santé (EPS) Roger-Prévot de Moisselles (Val-d’Oise), aujourd’hui en disponibilité de ses fonctions de praticien hospitalier et travaillant actuellement dans un bureau d’aide psychologique universitaire (Bapu), auteur d’Abolir la contention (Libertalia, 2023), et Xavier Bonnemaison, chef du service d’hospitalisation de jour de l’ASM 13 (Paris) et la Maison Perchée, nous interrogerons jeudi 22 janvier sur le rôle de la contrainte en psychiatrie, et nous intéresserons aux institutions et aux écoles de soin qui imaginent des modes de soin alternatifs.

2. La folie est-elle dans le cerveau ou dans la société ?

Jeudi 29 janvier à 20h au Dorothy
Les troubles psychiatriques sont-ils des troubles du cerveau, ou la conséquence de traumatismes et d’oppressions sociales, touchant plus particulièrement les populations les plus défavorisées ?
On assiste aujourd’hui à un grand retour de la psychiatrie biologique, qui capte les financements de la recherche et dans laquelle beaucoup placent l’espoir de pouvoir enfin découvrir les marqueurs biologiques des troubles mentaux. Dans un cadre général de baisse des financements pour la psychiatrie publique, quelles sont les conséquences d’une orientation de la recherche et des soins vers une psychiatrie biologique, au détriment d’une approche plus holistique, qui prend en compte toute la personne humaine et ne laisse pas de côté la dimension sociale des symptômes psychiatriques ? Les souffrances et symptômes traités par la psychiatrie sont-ils des « maladies comme les autres » ou faut-il les envisager et les soigner différemment ?
Nous recevrons François Gonon, neurobiologiste et spécialiste de l’épistémologie des neurosciences, directeur émérite de recherches au CNRS, qui nous éclairera sur ce que peuvent réellement les neurosciences en psychiatrie, et sur l’écart entre ses résultats et ses promesses, au service d’un ordre néolibéral ( “Neurosciences : un discours néolibéral”, Champs social, 2024), et David Deneufgermain, psychiatre auprès des personnes de la rue à Valenciennes et écrivain (“L’Adieu au visage”, Marchialy, 2025).